un murmure dans mon oreille

un jour mes pieds
partageront le même plancher
les traits de ton visage
n’auront plus besoin du ressac des vagues
et tes taches de rousseur
d’une nuit sans nuage
ce jour-là je ne sais pas
si mes jambes raides comme la poisse
lourdes comme un continent
si mes jambes me soutiendront encore
ou si je m’écroulerai
un peu mort mais pas trop
sur le plancher doux et moelleux
comme un lit défait et encore chaud

déjà la brume gomme
ce qui nous aide à compter
et donne à la jetée un air de passerelle
et c’est fou tout à coup
comme le soleil ressemble à la lune
la mer à l’océan
mes mains aux tiennes
et ta voix grésillante
à un murmure dans mon oreille