tous les lendemains chantants qu’elles pouvaient receler.

Charlotte Taller portait les robes comme personne, des robes qu’elle préférait fleuries, dans les tons bleus, des robes aux manches courtes qui lui enserraient les bras juste au-dessus des grains de beauté qui dessinaient la constellation de la grande ourse sur le bras gauche et un triangle équilatéral sur le bras droit, des robes qu’elle laissait flotter à hauteur de ses genoux par temps calme et qui se gonflaient de soupirs satisfaits et soulagés quand une bourrasque révélait sous elles des cuisses pâles et charnues, des robes qu’elle remontait encore plus haut lorsqu’elle s’asseyait pour étreindre de ses cuisses offertes le violoncelle dont elle jouait divinement comme elle jouait de la jalousie de Friedrich de voir l’instrument, tel un amant minuscule et difforme, un amant aux quatre oreilles, au long cou et aux hanches disproportionnées, planter sa pointe effilée entre les pieds de Charlotte qui animait alors son bras volontaire et souple à la fois, et, d’un mouvement élégant qu’elle ne partageait avec personne, approchait et éloignait sa main du ventre brillant de l’instrument, effleurent les cordes sans jamais daigner les toucher, les laissant vibrantes de désir, ainsi que le violoncelle et Friedrich, et l’assistance entière qui écarquillait les yeux comme sortie d’un long sommeil, se redressait sur son siège en tortillant des fesses et plongeait les yeux, au travers de la rosace, directement entre les cuisses de Charlotte et tous les lendemains chantants qu’elles pouvaient receler.

LÉB – Mais elle n’est plus vraiment sûre