son fils insomniaque.

Martin Schwartz avait le poing serré autour de son verre comme s’il tenait le manche à balai de l’univers, de la même manière qu’il devait tenir sa télécommande lorsqu’il était affalé dans ce divan et que l’univers défilait devant ses yeux, ou qu’il devait brandir son sexe entre ses doigts les lendemains de soirée, lorsqu’il se rappelait celles qu’il avait baisées sur ce même divan et lorsqu’il finissait par tâcher les fleurs pastel du divan d’un blanc translucide qui se mélangeait au beige du café au lait du matin, aux miettes du sandwich qui s’incrustaient dans la paume de ma main, au rose ambigu des sauces tomate et carbonara mélangées et à l’auréole brune et récente laissée par la batterie surchauffée de l’ordinateur posé trop longtemps sur l’accoudoir, une auréole encore chaude, qui sentait la grillade et qui en recouvrait partiellement une autre, plus ancienne et jaunâtre, incrustée par les sueurs nocturnes de son fils insomniaque.

LÉB, Mais elle n’est plus vraiment sûre