Ne t’inquiète pas.

— Si tu savais, maman. Si tu savais ce qu’il m’arrive. Ou plutôt ce qu’il ne m’arrive pas, jamais. Tu as vu dans quel état tu es. Tu ne peux plus faire un geste sans que je sois derrière toi pour te soulever le bras, ou te porter de ton lit à la chaise roulante, de la chaise roulante à ton ascenseur ou à ton fauteuil. Et pourtant tu sens encore l’envie de te laisser emporter par le flux monotone des jours. Alors que moi… Si tu savais ce que c’est d’être sans y être, d’attendre sans espérer, de faire semblant de faire semblant.

— Rien maman. Ne t’inquiète pas.

LÉB, Faust Song