et toujours la nuit

Au commencement était le rien, si ce n’était un ciel sans haut, sans bas, sans limite, sur lequel étaient accrochées une infinité d’étoiles, immobiles comme le temps.

Un jour, une de ces étoiles en eut assez, elle voulait bouger, voir ce qu’il y avait de l’autre côté du ciel, rencontrer d’autres étoiles et apprendre leurs histoires.

D’abord, elle remua sur place, ce qui la fit briller encore plus.

Elle brilla tellement que tous les soleils de l’univers en tombèrent amoureux.

Elle remua encore et finit par se déplacer, d’abord de quelques pas, puis de quelques mètres, puis de quelques années-lumières.

Emportée par sa vitesse, traversant le ciel de part en part, il lui poussa alors une longue chevelure de comète, qui la rendit encore plus belle et les soleils encore plus amoureux.

Tous la courtisèrent, tous lui demandèrent de venir s’installer auprès d’eux où elle n’aurait plus besoin de voyager et d’exhiber cette chevelure, ma foi bien indécente, à tous les autres soleils, où elle n’aurait plus qu’à s’occuper des petites planètes qu’ils auraient bientôt ensemble.

Mais la comète voulait continuer à voyager et aucun des soleils n’arriva à lui faire changer d’avis.

Jamais elle ne se lassa, jamais elle ne regretta, mais un jour elle eut envie de laisser une trace de son passage.

Elle repéra un petit soleil timide et taciturne, elle attendit la nuit venue qu’il se fut couché et le percuta du coin de sa chevelure sans même qu’il se réveille.

De cette collision naquirent huit planètes dont le soleil dût bien s’occuper tout seul, les yeux perdus dans le ciel à la recherche de cette comète qu’il aimerait tant revoir mais qu’il ne reverra jamais, elle qui ne revient qu’une fois par siècle, et toujours la nuit.