devant le restoroute.

Aujourd’hui encore, alors que j’écris ma journée à la lumière de la lampe de chevet de l’hôtel où je suis à genoux devant la table de nuit sur laquelle est posé le cahier ajouté en vitesse dans le sac déjà prêt au cas où que j’ai jeté dans le coffre de la Range Rover à l’arrière de laquelle Stevie, qui ressemblait à un fantôme trop réel, avait pris place sans dire un mot lorsque Stuart, après avoir raccroché, était passé le prendre avant moi parce que c’était plus pratique et que nous n’avions pas de temps a perdre, et nous en avions déjà perdu trop depuis que nous étions partis mais nous n’étions plus à ça près et peut-être que Stevie a raison, mais aujourd’hui soir encore je me demande ce qu’il y avait de plus troublant dans cette phrase :

que Stevie prenne la parole pour en faire une suggestion, voire une injonction qui semblait pleine de raison et dénotait d’un sens des responsabilités et de l’anticipation que je ne lui connaissais pas ;

qu’il propose de manger au moment où, sur notre radeau à la dérive, nous commencions à entendre clairement le bruit de tous les diables que fait la cascade en se fracassant sur les rochers cent mètres plus bas, au moment exact où nous venons de retourner la pyramide des besoins sur sa pointe ;

ou que Stuart, sans cesser de fixer la route, ralentisse, se rabatte sur a bande de droite, entre dans le parking et gare la voiture devant le restoroute.

LÉB – Mais elle n’est plus vraiment sûre