à côté d’eux

La femme, assise seule à la terrasse du café, levait les bras au ciel, puis les écartait en croix, puis les ramenait contre sa poitrine, à tour de rôle. Je n’entendais pas ce qu’elle disait. Son visage était écarlate, ses yeux écarquillés, son nez retroussé. Elle rebondissait d’une fesse à l’autre sur sa chaise et ses jambes étaient prises de spasmes. La table en tremblait. Les autres clients du café s’étaient retournés sur elle ; certains souriaient, d’autres fronçaient les sourcils.

Le feu est passé au vert, j’ai avancé doucement et j’ai découvert, auparavant masqué par une des colonnes qui soutenaient la terrasse de l’étage, qu’un homme était assis en face d’elle, les jambes croisées, les mains posées à plat sur la table. Il avait les yeux fermés, mais j’ai vu une larme couler sur sa joue au moment où je suis passé à côté d’eux.